Rencontres de l’évaluation 2026 : renforcer l’impact de l’évaluation dans la décision publique
Le 25 juin 2026, le Sénat français accueillait la nouvelle édition des Rencontres de l’évaluation, organisées conjointement par le Sénat, l’Assemblée nationale, la Cour des comptes et le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan.
Rendez-vous annuel destiné à promouvoir la culture de l’évaluation auprès des décideurs, des administrations et de la société civile, cette édition réunissait parlementaires, chercheurs, évaluateurs et praticiens autour d’une question centrale : comment faire en sorte que l’évaluation contribue effectivement à améliorer la décision publique ?
Deux tables rondes structuraient la matinée, consacrées respectivement à l’impact de l’évaluation sur la décision politique et à l’évaluation des politiques publiques en matière d’accès au logement des jeunes. Une session posters permettait également à des doctorants travaillant sur l’évaluation des politiques publiques de présenter leurs recherches.
De l’évaluation produite à l’évaluation utilisée
Le premier temps fort des Rencontres était consacré à une question qui se trouve au cœur de la pratique évaluative : comment renforcer l’impact des évaluations dans la décision politique ?
Cette question est particulièrement importante à un moment où les capacités d’évaluation se développent dans les administrations, les institutions de contrôle et le monde académique. La Cour des comptes rappelle ainsi que, depuis 2008, les juridictions financières ont conduit plus de 50 évaluations de politiques publiques, portant sur des domaines aussi divers que le logement, la santé, l'emploi, l'industrie ou encore les dispositifs de soutien économique.
Mais produire davantage d'évaluations ne suffit pas. L’enjeu est également leur appropriation et leur utilisation.
Cela conduit à s’interroger sur plusieurs conditions de réussite de l’évaluation : sa pertinence au regard des décisions à prendre, la qualité et l’accessibilité des données, la robustesse des méthodes mobilisées, l’association des parties prenantes, mais aussi le moment auquel l’évaluation intervient dans le cycle de la politique publique.
Autrement dit, une évaluation ne prend pleinement son sens que si elle peut contribuer à éclairer un choix, modifier une pratique, réorienter un dispositif ou nourrir l’apprentissage collectif.
Cette question rejoint d’ailleurs l’un des enjeux fondamentaux de la culture de l’évaluation : passer progressivement d’une logique consistant à réaliser des évaluations à une logique consistant à construire des politiques publiques évaluables et à organiser les conditions permettant d’utiliser effectivement les résultats des évaluations.
L’évaluation comme dialogue entre décideurs, administration et recherche
L’organisation même des Rencontres illustre cette volonté de rapprocher plusieurs communautés.
Parlementaires, Cour des comptes, administration, chercheurs et évaluateurs étaient réunis autour de la même table. La présence de doctorants, invités à présenter leurs travaux sous forme de posters, illustrait également l’importance accordée au lien entre recherche académique et pratique de l’évaluation.
Ce croisement des regards constitue un élément important de la maturité d’un système d’évaluation : les méthodes quantitatives et qualitatives, les données administratives, l’expertise de terrain et la connaissance des processus de décision peuvent se compléter plutôt que s’opposer.
La question n’est donc pas uniquement de savoir comment évaluer, mais également pour qui, à quel moment et dans quel but.
Un cas concret : l’accès des jeunes au logement
La seconde table ronde proposait d’appliquer cette démarche à une politique publique concrète : les difficultés d’accès au logement des jeunes.
Ce choix est intéressant car il illustre la complexité des politiques publiques contemporaines. L’évaluation d’une politique de logement ne peut en effet se limiter à mesurer les moyens engagés ou le nombre de bénéficiaires. Elle conduit à s’interroger sur les effets réellement produits, les publics concernés, les éventuels effets indirects et les interactions avec d’autres politiques publiques.
Ce type d’évaluation rappelle ainsi l’importance d’une approche globale et fondée sur les données, mais également la nécessité de replacer les résultats quantitatifs dans leur contexte économique et social.
Une culture de l’évaluation qui continue de se construire
Au-delà des thèmes abordés cette année, les Rencontres de l’évaluation témoignent surtout d’une évolution plus large : l’évaluation tend à devenir une composante à part entière du cycle de décision publique.
Cette évolution suppose toutefois de continuer à développer les compétences, les données, les méthodes et les capacités institutionnelles nécessaires à des évaluations de qualité.
Elle pose également une question essentielle : comment faire en sorte que les résultats des évaluations soient compris, discutés et effectivement utilisés ?
Pour une société d’évaluation telle que la SOLEP, cette question est particulièrement structurante. Elle rejoint directement sa mission de promotion de l’évaluation des politiques publiques et de la prospective afin de contribuer à la qualité des prises de décision.
Et au Luxembourg ?
Les enseignements de ces Rencontres dépassent largement le cadre français.
Au Luxembourg également, le développement d’une véritable culture de l’évaluation constitue un enjeu pour améliorer la conception, le pilotage et l’apprentissage autour des politiques publiques.
L’expérience française invite notamment à poursuivre la réflexion autour de plusieurs questions :
- comment renforcer l’évaluabilité des politiques publiques dès leur conception ?
- comment mieux articuler données, recherche, expertise et décision publique ?
- comment favoriser une utilisation effective des résultats des évaluations ?
- comment développer les compétences évaluatives au sein des administrations et des organisations ?
- comment mieux faire connaître les résultats des évaluations auprès de la société civile et du grand public ?
- et, plus largement, comment faire de l’évaluation non pas seulement un exercice ponctuel, mais un outil d’apprentissage continu de l’action publique ?
Ces questions sont pleinement en phase avec les objectifs poursuivis par la SOLEP : contribuer au développement des pratiques évaluatives, au partage d’expériences et de méthodes, au développement des compétences et au débat public autour de l’évaluation et de la prospective.
Pour aller plus loin
Les organisateurs ont mis en ligne les informations relatives à l’édition 2026 et permettent de revoir le colloque :
Sénat – Les Rencontres de l’évaluation 2026
Consulter la page et revoir le colloque
Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan – Rencontres de l’évaluation 2026
Consulter la page de l’événement
La SOLEP continuera à suivre les initiatives et travaux susceptibles de contribuer au développement de la culture de l’évaluation au Luxembourg et en Europe.